Le goût des formes

25 | Nov | 2010

 

le goût des choses

Le 15 novembre 2011, l'atelier LE GOÛT DES CHOSES est réalisé avec Jérémy Joncheray et Maxence Nuzillat, avec l'aide de Manu Joncheray en cuisine.
L'objectif de cet atelier est de mener les étudiants à une considération des systèmes de correspondance possibles entre les sens. Un atelier synesthésique orienté vers une synesthésie saveur-forme. La vision que des étudiants en multimédia peuvent en avoir permet de considérer justement le multi-média comme un domaine aux potentiels de plurisensorialité.

Il est tout d'abord demandé aux étudiants de penser à une couleur pour chacune des voyelles de l'alphabet pour développer une synesthésie graphème-couleur. Il est cependant par ce biais difficile de distinguer des récurrences, les dominantes sont faibles.

Douze échantillons sont alors proposés à l'aveugle :
1-chocolat
2-chamalo
3-sucre acide
4-crème de lard
5-bouillon de champignon
6-schweppes
7-sucre en morceau
8-fruit de la passion
9-sirop de citron
10-miel
11-bretzel
12-marmelade d'orange
Chacun des participants se confronte les yeux fermés à un échantillon puis tente une retranscription de son odeur par la forme et la couleur.

Des expérimentations plastiques en ressortent dont l'enjeu est ensuite de pouvoir synthétiser ces expérimentations dans un vocabulaire graphique simple alliant une forme à une couleur.

Ces formes synthétiques sont exploitées dans le fantasme de 2 recettes d'odeurs de 3 ingrédients chacun. Le résultat est imaginé puis raconté. Des recettes graphiques de cocktails sont proposés, mais aussi un gâteau cacahuète-pastis-orgeat, pour le matin ou la soirée...

Par la suite, les 12 échantillons sont goûtés pour en extraire des transcriptions graphiques en formes et couleurs, tout d'abord du goût, puis de la texture.

Les codes et transcriptions graphiques servent alors à la modélisation d'espaces. L'agencement des 3 formes colorées sur un seul axe ou en jouant sur les 3 axes, frontal, horizontal et sagital, crée un volume qui pourrait représenter la forme de la saveur d'un aliment.
Chacun représente donc en maquette un aliment. Les 12 maquettes permettent alors un regard nouveau sur les aliments étudiés.


La suite de l'atelier s'oriente alors sur les relations entre des éléments tangibles et des éléments numériques. Il est ainsi possible d'imaginer des combinaisons de ces volumes selon les multiples saveurs d'un plat ou les évolutions d'un repas.
Dans cette logique, les participants se mettent à travailler à 2, afin de composer une proposition pour ces espaces complexes dans l'optique d'une mise en scène de repas ou de dégustation dans un restaurant imaginé dans un avenir plus ou moins lointain.

Des scénarios décrivent principalement les systèmes de commande des aliments et des espaces.
Il naît l'idée d'un espace de restauration servant une nourriture incolore, inodore, mais qui, lorsque la fourchette se plante dedans, agit sur l'espace qui se modifie, la lumière se module, les sons participent de transcriptions de ce manque de saveur.
À un autre endroit, une table sur laquelle figure des volumes colorés proposent un jeu de composition sur une structure d'accueil, permettant de composer une entrée, un plat.
Encore ailleurs, une surface tactile permet la composition de formes colorées qui s'agrègent et créent ainsi la commande, remplaçant le menu.
Enfin, une proposition critique considère un espace de contrôle absolu, protocolaire, permettant par une série de formulaires de passer commande selon les critères de texture, saveur, odeur, couleur, température...

photographies : Jérémy Joncheray et Maxence Nuzillat