Voici, avec un certain retard, une petite présentation du travail mené avec les étudiants de DSAA en première année au Lycée Le Corbusier à Illkirch.
Ce travail autour de pratiques divergentes de la ville été mené avec Julie Morgen, designer de projets, ainsi que Cécilia Rohmer, Danielle Martin et Jean-Claude Gross.
Arriver dans une ville nouvelle pour deux années, au moins.
Se rencontrer dans une nouvelle formation et se mêler à d’autres domaines du design.
Tirer au sort des mots et se regrouper à trois autour d’un verbe
d’action : courir, se retrouver, travailler, boire, s’orienter, jouer,
promener et transporter.
Scénariser des pratiques divergentes pour ces actions simples.
Contextualiser ces scénarios en les formalisant dans des écritures et des supports divers.
Lancer les fléchettes sur la carte de la Communauté Urbaine de Strasbourg
pour définir une zone entre deux pôles, un entre deux de l’espace de la ville.
Arpenter la zone sous le filtre du verbe d’action.
Expérimenter et dériver et laisser trace.
Questionner ses compétences spécifiques en design graphique,
produit ou espace pour élaborer des éléments d’expérimentations et d’analyse.
Confronter les éléments de recherche pour produire des hypothèses de projet.
Définir une opportunité de projet et poursuivre les éléments de recherche dans cette direction.
Exposer les éléments de recherche orientés vers l’opportunité de projet.

LE PROJET NE SERA PAS ACHEVÉ,
LA COMMANDE N’EST PAS RÉELLE.
Il n’y a pas de commanditaire, il n’y a pas de cahier des charges
défini, il n’y a pas de programme, il n’y a pas d’usager prédéfini, pas
de technique imposée. Il existe des envies de rencontre et
d’expérimentation.
Nous sommes en recherche. Nous sommes dans le temps du projet. Dans la
recherche de la ville, c’est-à-dire des relations que nous pouvons
induire ou provoquer. Nous travaillons dans la rencontre de Strasbourg
et de ses alentours. Du rouge de ses rues, de son blason blanc barré
d’une grande bande rouge oblique ; une sorte d’interdiction
anachronique. Nous recherchons à côté de ces interdictions. À côté du
sens interdit pour ajouter des couches de possibles. Nous sommes en
recherche de relations, de soi au groupe, du groupe à la ville, de soi à
la ville, des usagers à leur espace, à ses services, des institutions à
l’environnement sur lequel elles peuvent agir.
Nous nous autorisons alors les stationnements et les sens nouveaux. Nous
divergeons pour tester et tenter. Pour aller de la tentative à la
tentation, créer le désir de la ville et de ses possibles. Nous testons
une ville élastique, en assouplissant ses contraintes, en étirant les
désordres, en mettant en tension les pratiques urbaines. Un informe qui
engendre des modes d’appropriation par des expérimentations plastiques,
ludiques, phoniques...
S’orienter par d’autres sens que la vue, boire l’eau qui ruisselle, se
saisir du temps qui court, revoir les chantiers comme des soins doux,
jouer à se perdre, transporter de l’individuel dans les objets
collectifs, se promener dans les couches de temps de la ville, provoquer
des environnements de rencontre autour du banc public.
Nous montrons ces recherches, nous exposons les questionnements et les
tentatives pour tenter les usagers et les institutions de la ville.
Nous voulons le faire par la rencontre des domaines du design. Par la
confrontation des mêmes mots qui disent des choses multiples et de la
même chose qui utilise des mots multiples. Nous voulons provoquer
l’action de recherche par la double rencontre des approches du design et
de la ville. Nous sommes en recherche de ce que les procédures de
rencontre vont engendrer, de ce que la variété des stratégies de
diversion vont produire en désirs de réel.
Nous tenons aux temporalités multiples du projet, à ce que la question
posée puisse trouver une réponse demain, par des moyens faibles et
diffus, comme dans un avenir proche, par des développements techniques
et technologiques à mettre en œuvre. Utiliser la parole, la feuille et
le crayon tout en envisageant la réalité augmentée, les surfaces
réactives, les objets communiquants.
Nous espérons que la confrontation des domaines apportera des éléments
pour poursuivre le questionnement sur ce que l’on pourrait entendre par
la formule équivoque de «design global». Ici vue comme une confrontation
et une complémentarité dans la phase de conception, une prise en compte
de la complexité des contextes, de la place de l’usager au centre du
processus de conception.
Nicolas Couturier, Danielle Martin, Cécilia Rohmer, enseignants en DSAA
avec Jean-Claude Gross, Bruno Lavelle, Éric Menault, Jean Obrecht, Carmen Princelle
merci à Jean-Claude André, Dominique Berauer, Jean-Michel Louveau, Lionel Wolfelsberger
avec la collaboration de Julie Morgen,
designer de projets, intervenante professionnelle
www.artenreel.com


JOUER À SE PERDRE
jouer
Renaud Balandras, Anne-Sophie Blancato et Valentin Marmonier
www.dsaa1jouer.tumblr.com
TRANS - PORTER
transporter
Geoffrey Delcourt, Justine Furet et Anne-Laure Desflaches
www.les-transporteuses.tumblr.com
S’Y RETROUVER
se retrouver
Véronique Mongeot, Céline Gallas et Lauriane Lebret
www.seretrouver.tumblr.com
OASIS URBAINE
boire
Elise Paix, Sandra Falquet et Clémence Fabre
www.boire-dsaa.tumblr.com
A.H.C.T ‘
courir
Daym MBH, Estelle Tang et Noguera Sébastien
www.lavilleelastique.tumblr.com
PROMENADE TEMPORELLE
promener
Deborah Walter, Marian Dumontet et Renaud Maxime
www.promener.tumblr.com
MÊLEZ-VOUS DE «CEUX QUI NE VOUS REGARDENT PAS»
s’orienter
Marion Schalck, Ambre Langlois et Laura Morteza
www.orienter-dsaa.blogspot.com
BLEU DE TRAVAIL
travailler
Mathilde Dewolf, Mathieu Taulelle et Cedric Boutin
www.stigmatauration.tumblr.com

- nicolas
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